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Nadine Robitaille

ID : 84656
Ajouté le : 2005-07-07 10:02
Mis à jour le : 2005-08-08 11:22
Refreshed: 2010-03-15 03:34

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Construction de l’autoroute de l’information en Afrique : l'association des associations de fournisseurs d’accès Internet africains choisit des exploitants régionaux
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Construction de l’autoroute de l’information en Afrique : l'association des associations de fournisseurs d’accès Internet africains choisit des exploitants régionaux
(Photo CRDI : Y. Beaulieu)

Le trafic Internet du continent africain suivra bientôt des itinéraires plus courts et, par conséquent, moins onéreux.  

Ce printemps, l’association des associations de fournisseurs d’accès Internet africains, l'AfrISPA, a fait connaître les deux soumissions gagnantes qui ont été retenues dans le cadre de son appel à propositions visant à fournir des connexions Internet directes entre les pays africains. (L’établissement de ces connexions s’appelle « échange de trafic régional entre homologues »; les sociétés qui assurent ces connexions s’appellent « exploitants régionaux ».)

L’une des soumissions gagnantes provenait de Transtel, une division de Transnet Limited et l’un des plus grands opérateurs de réseaux de télécommunications privés de l’hémisphère Sud. L’autre était une soumission conjointe d’Africa Online, un fournisseur d’accès Internet (FAI) panafricain, et Sky Vision, un fournisseur important de services Internet internationaux par satellite et systèmes à fibres optiques terrestres.

Une véritable connectivité internationale

Le CRDI et la connectivité en Afrique

Le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) est l’une des nombreuses organisations qui appuient le développement de la connectivité régionale en Afrique. Le CRDI a engagé des consultants pour étudier la question et présenter des options, en vue d'attirer l’attention des décideurs du gouvernement et du secteur privé sur ce problème et d'y trouver une solution avec les FAI africains. Le document de travail qui en a résulté ─ Via l’Afrique : création de points d’échange Internet (IXP) locaux et régionaux en vue de réaliser des économies en termes financiers et de largeur de bande ─ a été diffusé conjointement avec l’Union internationale des télécommunications (UIT).

L’échange de trafic régional entre homologues a pour but de faire avancer les objectifs de l’AfrISPA : établir une véritable connectivité entre les pays du continent africain pour éliminer la dépendance actuelle à l’égard des exploitants d’outre-mer et pour favoriser l’établissement et la croissance d’exploitants régionaux.

L'AfrISPA soutient que la nouvelle connectivité régionale débouchera également sur la réduction des coûts, l’accélération de la vitesse et l’amélioration du réseau fédérateur de toute l’Afrique.

Les données qui circulent sur Internet d’un pays africain à un autre suivent actuellement un itinéraire sinueux à l’envi. Les seules bretelles d’accès à Internet des FAI africains sont presque exclusivement fournies par des exploitants de réseaux des pays du G8, et il n’y a aucun lien direct entre les FAI des différents pays africains. Cela veut dire qu’un courriel qu’on envoie d’un pays à l’autre ne suivra pas l’itinéraire le plus logique – c’est-à-dire directement de l’un à l’autre – mais devra transiter par un réseau situé à l’extérieur du continent. Le trafic local qui transite par ces réseaux internationaux est trop lent et coûte inutilement cher, surtout parce que les FAI africains paient la totalité du coût des connexions internationales.

Dans environ une dizaine de pays africains, les FAI se sont reliés entre eux au moyen de ce qu’on appelle des points d’échange Internet (IXP) de façon à ce que le trafic du pays demeure au pays. Le coût de ces connexions locales représente une fraction de ce que les FAI paient pour les connexions internationales et chacun d’entre eux ne paie que la moitié des frais de connexion avec les autres FAI.

Le projet de l’AfrISPA fera progresser encore les choses en permettant à ces IXP nationaux de se connecter à l’échelle régionale de façon à ce que le seul trafic Internet quittant le continent soit vraiment international.

L’infrastructure au service de la croissance

« La plupart des gens reconnaissent que l’accès à l’information et aux technologies de l’information et de la communication (TIC) de même que la participation à l’économie de l’information mondiale font partie intégrante de la croissance », affirme Steve Song, directeur général de Connectivité Afrique. Géré par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), Connectivité Afrique est un programme du gouvernement canadien qui a pour but d’améliorer l’accès aux TIC en Afrique. « Le manque de points d’échange Internet régionaux en Afrique fait en sorte que l’accès est inévitablement beaucoup plus cher. »

Les avantages d’une meilleure connectivité sur le continent sont nombreux, y compris la possibilité d’intensifier les échanges commerciaux en Afrique. « Le manque de communications efficaces entre les pays africains constitue l’un des obstacles au commerce », déclare M. Song. « Cet homologage aura pour effet d’améliorer les communications entre les Africains, ce qui en théorie pourrait mener à l’intensification des échanges commerciaux entre les pays africains [ … ] les échanges commerciaux ont tendance à suivre l’infrastructure, qu’il s’agisse de routes, de télécommunications ou d’Internet. »





2005-07

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