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Profil : Qahtan Abdul-Malik du Yémen Par Victoria McTaggart Dans bien des endroits, les habitants du Yémen n’ont l’eau courante qu’une fois par mois. Les agriculteurs doivent creuser jusqu’à six mètres pour trouver assez d’eau pour leurs besoins. Dans ce pays particulièrement aride avec l’Arabie saoudite au nord et Oman à l’est, dont le littoral est la Mer rouge, le golfe d’Aden et la mer d’Arabie , un litre d’eau est aussi cher qu’un litre d’essence. « Dans certains pays de la région, les gens lavent les trottoirs à l’eau, ce qui n’est pas possible au Yémen » selon Qahtan Abdul-Malik, ingénieur en irrigation au ministère de l’Agriculture et de l’Irrigation de la république du Yémen. « Il devrait y avoir un châtiment social pour ceux qui gaspillent l’eau. » Depuis presque 20 ans, Qahtan doit faire face quotidiennement aux défis que pose la survie dans un pays où l’eau est extrêmement rare. Les spécialistes estiment qu’un pays qui a moins de 500 mètres cubes d’eau par année et par personne est au-dessous du « seuil de pénurie d’eau ». Et le Yémen doit se contenter de 140 mètres cubes par personne. Avec une population qui croît au rythme de 3,4 % par année et qui compte 50 % d’enfants de moins de 14 ans, la demande en eau est très forte et ne cesse d’augmenter. Information et technologie Mais Qahtan trouve que la situation est moins décourageante depuis que les pays ont commencé à partager entre eux leurs connaissances, leur savoir-faire et leurs technologies. Par exemple, l’information échangée lors de rencontres du Forum sur la gestion de la demande en eau a été très utile, selon lui, pour l’élaboration de la nouvelle loi sur l’eau adoptée par le Parlement du Yémen. Bien que le Parlement ait décidé de ne pas tarifer la consommation d’eau en raison de contraintes sociales particulières au pays, les données sur le coût de l’eau découlant des expériences d’autres pays ont tenu une large place dans ses délibérations. Les promesses de la jeunesse Les progrès technologiques ont aussi changé la donne face aux problèmes de pénurie d’eau. Qahtan constate que les étudiants en génie travaillent plus vite. « On trouve déjà des solutions sur Internet, dit-il. L’important, c’est de les adapter aux besoins locaux, et de ne pas se laisser dépasser par la croissance de la population ou par les changements climatiques. » Qahtan croit aussi qu’il est important que les jeunes soient associés au dialogue sur l’enjeu de l’eau. Il consacre une partie de son temps à donner un cours spécial sur la gestion de l’eau aux élèves de la fin du primaire et du secondaire. « Dans mon pays, nous avons les ressources humaines qu’il faut, ajoute-t-il, mais il reste à les former et à leur donner les outils nécessaires. » Victoria McTaggart est consultante au Caire. Pour renseignements : Lorra Thompson, Gestion de la demande en eau, coordonnatrice de projet, Bureau régional pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Centre de recherches pour le développement international (CRDI), 8, rue Ahmed Niseem, 8e étage, Giza, B.P.14 Orman, Giza, Dokki, Le Caire, Égypte. Articles et publications d’intérêt : Dans le magazine Explore : À la découverte des eaux du désert de Jordanie, par Stephen Dale Forum de la Gestion de la Demande en Eau |
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