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À l’occasion du 40e anniversaire de la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies, le Centre africain pour la femme a organisé la conférence intitulée « Les femmes africaines et le développement économique : investir dans notre avenir », qui s’est tenue du 28 avril au 1er mai 1998. L’un des grands thèmes de la conférence était « Les femmes africaines et l’ère de l’information : une chance à saisir » et l’on s’est notamment interrogé au cours des séances plénières et des ateliers sur la façon d’élaborer des politiques appropriées aux femmes en matière de technologies de l’information et des communications ( TIC ) ; les TIC en tant qu’outils de démocratisation ; l’incidence des TIC sur le travail des femmes ; et le renforcement de la capacité des femmes à utiliser ces technologies. Les auteures qui ont collaboré au présent ouvrage ont joué un rôle clé dans les discussions portant sur ce thème. Les participants à la conférence ont recommandé des champs d’action prioritaires en soulignant la nécessité de communiquer aux femmes et aux artisans de la politique l’information concernant l’incidence éventuelle des TIC sur les femmes en Afrique, de susciter l’intérêt des femmes pour qu’elles fassent entendre leur voix dans le débat et d’améliorer les possibilités offertes aux principales intéressées de se familiariser avec les TIC. À l’ère de l’information, les femmes risquent de sombrer dans les stéréotypes comme ce fut le cas pour les médias traditionnels et de ne pas arriver à créer elles-mêmes de l’information. Par ailleurs, les participants à la conférence ont reconnu l’utilité de recenser les groupes d’utilisatrices et d’évaluer les besoins de manière à établir les priorités de divers groupes, notamment les femmes d’affaires, les productrices des régions rurales, les députées ou sénatrices et les travailleuses de la santé. Puisque les femmes assument environ les deux tiers du travail agricole en Afrique, elles peuvent indubitablement mettre à profit les TIC pour les besoins des applications en agriculture. Comme l’a montré au cours de la conférence le projet de « souk virtuel » ( marché virtuel ) lancé par la Banque mondiale, les femmes d’affaires et les artisanes ont accès aux marchés du monde entier. Selon les statistiques de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture ( UNESCO ), l’analphabétisme demeure le lot de la grande majorité des femmes africaines ( 54 p. 100 des femmes âgées de 15 ans ou plus en 1995 ) et, aujourd’hui encore, la plupart des filles ne poursuivent pas leurs études au-delà du cycle primaire ( en 1995, 45 p. 100 des élèves du niveau primaire en Afrique étaient des filles, mais nombre d’entre elles ne terminaient même pas leurs études primaires ). Dans ces circonstances, comment pourrait-on s’attendre à ce qu’elles jouent un rôle actif au sein du nouvel ordre mondial axé sur le savoir ? Au seuil du nouveau millénaire, la plupart des femmes africaines ne sont pas entrées dans l’ère de l’information. Comment l’Afrique évoluera-t-elle dans ce contexte ? Les auteures qui ont collaboré au présent ouvrage se sont penchées sur le rôle de l’éducation ainsi que sur l’accès des femmes aux TIC et leur compréhension de ces technologies. Le savoir peut aider à élargir les options et les choix dans la vie d’un individu, mais il faut également une infrastructure de l’information, qui englobe une infrastructure matérielle de même qu’un niveau minimal de connaissances et de compétences pour utiliser l’équipement. Les nouvelles technologies peuvent aussi offrir aux femmes des possibilités de télé-apprentissage, formule plus souple que les approches pédagogiques traditionnelles. En ce qui a trait à l’élaboration des politiques, il est important également de tenir compte de l’accès des jeunes aux connaissances sur les TIC, l’informatique et leur utilisation. Les participants à la conférence ont également discuté de l’importance éventuelle des TIC dans l’instauration de gouvernements démocratiques et l’élargissement de la participation des femmes aux structures décisionnelles. Une société ouverte, caractérisée par le libre accès à l’information et la libre circulation de l’information, favorise une culture de gestion participative des affaires publiques. Par ailleurs, l’échange d’information avec d’autres pays et régions du monde renforce la position des pays dans le processus de mondialisation. Pour que les femmes puissent avoir voix au chapitre, il faut d’abord adopter en Afrique des stratégies permettant d’élaborer des politiques en matière de TIC tenant compte des différences entre les sexes. L’élaboration d’outils d’appropriation visant à assurer l’engagement à long terme et la durabilité figure parmi les mesures recommandées par les participants à la conférence. On peut maintenant créer l’information plus facilement que par le passé, mais il ne faut pas perdre de vue la question de savoir qui a accès à l’information. Le contrôle de l’information constitue souvent une source de pouvoir. Les femmes ne doivent pas laisser passer l’occasion de créer et d’utiliser l’information et d’y avoir accès pour améliorer leur qualité de vie et participer à la vie économique, politique et sociale de leur collectivité et de leur pays. Le présent ouvrage vise à sensibiliser les artisans de la politique et la société civile aux enjeux pour les femmes inhérents à l’ère de l’information. Il fait valoir le bien-fondé de la prise en compte de la problématique homme-femme et vise en bout de ligne à faire progresser le débat et les recommandations de la conférence tout en faisant bouger les choses sur le plan de l’élaboration des politiques. Josephine Ouedraogo |
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