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Bill Carman

ID : 30599
Ajouté le : 2003-05-28 14:17
Mis à jour le : 2004-11-01 18:50
Refreshed: 2010-03-15 08:07

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Agriculture dans le parc métropolitain de La Havane, à Cuba
Préc. Document(s) 15 de 34 Suivant
Harahi Gamez Rodriguez

Aperçu des travaux en cours

Le parc métropolitain de La Havane ( PMH ) est un projet urbain, social et écologique actuellement aménagé autour des sept derniers kilomètres de l’Almendares, qui arrose la capitale cubaine. Il traverse quatre des municipalités de la capitale, soit Playa, Plaza, Marianao et Cerro, un secteur fort diversifié sur le plan culturel, racial et social.

À titre de projet urbain, le PMH comptera 18 sites d’attraction, étalés sur 700 ha au centre de La Havane. Alors que les structures préexistantes ont été éliminées pour faire place aux autres grands parcs de La Havane, c’est-à-dire le parc Lénine et le jardin botanique, le PMH conservera un dense réseau urbain d’industries, d’entités militaires et de centres démographiques qui occupent aujourd’hui le territoire.

À titre de parc écologique, il présentera une solution aux problèmes du déboisement et des déchets d’origine industrielle et sociale non maîtrisés et du laisser-aller général de ce secteur où la flore, la faune et les eaux de l’Almendares sont menacées. Le développement du PMH dépend de la remise en état et, dans bien des cas, de la reconstitution des habitats naturels ainsi que de l’élaboration de mécanismes à cette fin pour assurer leur coexistence avec la ville et ses habitants. À titre de projet social, le parc fournira un espace aux quelque 9 000 habitants du secteur. Grâce à une planification collective et à un processus fiable de consultation, les résidents auront un rôle à jouer dans la planification de l’aménagement du parc.

Les responsables du PMH sont résolus à intégrer le développement, la réhabilitation environnementale, l’éducation et la participation, des notions qui sont souvent abordées séparément dans les grands projets de développement urbain. Les plans d’investissement pour le parc sont établis en tenant compte de ses effets sur l’environnement et de la participation prévue.

Objectifs

Les objectifs du PMH sont les suivants :

  • créer un espace vert multifonctionnel et améliorer l’environnement en intégrant le parc et l’Almendares ;
  • favoriser la durabilité et la participation de manière à ce que les problèmes deviennent des possibilités à exploiter ;
  • encourager les contacts entre les habitants du parc et la nature et rehausser la qualité de l’environnement ;
  • contribuer à l’éducation environnementale à tous les niveaux scientifiques ;
  • créer des sources d’emploi ;
  • offrir différentes formes de loisirs et de tourisme ;
  • hausser le niveau de vie en améliorant l’environnement, en sensibilisant la population à la culture ainsi qu’en conservant les sites historiques et en faisant la promotion de ces derniers ;
  • favoriser les activités sportives pour les résidents de La Havane, selon une conception globale de la culture ;
  • maintenir en fonction les usines les plus importantes du parc, notamment la brasserie, l’usine de papier et les parcs à bois, tout en minimisant leurs répercussions sur l’environnement ;
  • élaborer une forme d’agriculture urbaine, globale, écologique et autosuffisante ;
  • organiser l’économie du parc en vue d’assurer son autofinancement et sa rentabilité.

Aujourd’hui, le PMH a dépassé le stade de l’analyse pour passer à celui de la planification. La mission fondamentale, les objectifs et les buts ont été établis et un processus de planification stratégique a été amorcé avec la participation de la collectivité.

Équipe interdisciplinaire

L’équipe technique interdisciplinaire chargée du PMH est actuellement mise sur pied. Son travail se fondera sur le principe voulant que la vérité émerge de la pratique. On déterminera sa composition au moment opportun lorsque les membres auront bien saisi les contraintes du programme et la faisabilité des solutions de rechange. C’est donc dire que l’équipe envisagera la situation d’une façon globale, plutôt que sectorielle, et s’assurera que chaque spécialiste connaît bien les principes fondamentaux de chaque discipline en cause. On a formé, au sein de l’équipe, des groupes de travail chargés des différents programmes et des diverses banlieues.

Programme agricole

En 1960, la législation révolutionnaire a instauré la notion de propriété coopérative. Cependant, cette idée n’a commencé à faire son chemin qu’en 1975. Ce mouvement coopératif a incité les agriculteurs du secteur à fonder, le 7 mai 1988, la coopérative d’élevage et de production agricole, baptisée Vincente Perez Noa.

À cause de multiples problèmes, cette coopérative n’a pas existé longtemps. La délimitation imprécise des propriétés a entravé le processus de production. Dès sa création, elle a rencontré de graves problèmes d’organisation et de fonctionnement, à la suite de plusieurs changements de direction et de l’instabilité de son effectif attribuables à différents facteurs, notamment le désintérêt à l’égard du travail et la difficulté d’obtenir de bons résultats. Du point de vue économique, la coopérative n’a pas pu suivre les plans de production à cause de la rareté des intrants ( qui, toutefois,

étaient bel et bien disponibles ) et à cause de l’instabilité et de la démotivation des travailleurs à contrat qui composaient la majeure partie de sa main-d’œuvre.

Ces problèmes ont poussé le ministère de l’Agriculture de Cuba ( MAC ) à dissoudre la coopérative et à confier ses terres à l’administration du PMH, qui devait élaborer une stratégie de développement globale. L’objectif consistait à intégrer la production agricole dans la stratégie globale du parc, car on ne savait pas encore le rôle que devait y jouer l’agriculture. L’équipe technique a donc décidé d’organiser deux ateliers afin de coordonner les efforts de réflexion et l’élaboration d’une nouvelle stratégie agricole : un atelier avec les techniciens et les spécialistes des différentes industries, et un deuxième avec les producteurs.

Dans le premier atelier, on a proposé les objectifs fondamentaux suivants :

  • déterminer les perspectives d’une industrie d’élevage et de production agricole ;
  • élaborer une stratégie de travail cohérente à cette fin.

Les participants ont également insisté sur la nécessité de faire en sorte que les activités agricoles du PMH soient fondamentalement urbaines, agroécologiques, intensives et durables. Un plan d’action a été élaboré et les tâches les plus urgentes ont été rapidement exécutées afin d’assurer un enchaînement avec cet atelier et de prévenir certains problèmes graves. L’intégration des critères de développement des producteurs était également prioritaire.

Le second atelier, destiné aux producteurs agricoles du secteur, était fondé sur le premier et axé sur trois grands thèmes :

  • Élevage et production agricole et forestière — Quelles seraient les caractéristiques essentielles d’un programme d’élevage et de production agricole fructueux dans le PMH ?
  • Commercialisation — Comment pourrait-on faire en sorte que la commercialisation profite à la fois aux producteurs et au parc ?
  • Structure organisationnelle — Comment devraient interagir les organes de production ? ( Quelles formes d’association les producteurs devraient-ils adopter ? )

Les producteurs et les experts qui ont participé à cet atelier ont déterminé les obstacles qui entravent le développement de l’agriculture dans le secteur et établi les buts du projet :

  • Structures organisationnelles — À Cuba, il existe différentes structures organisationnelles dans le secteur de la production agricole. Elles comprennent, outre la coopérative d’élevage et de production agricole maintenant disparue, les unités de base de production coopérative, les exploitations d’élevage d’État, les fermes et la location de terres privées. Bien que cette dernière existe à petite échelle dans le parc, formant ainsi une partie de la structure socioéconomique existante, l’agriculture privée ne devrait pas être encouragée. Il serait préférable de découvrir le potentiel d’autres structures organisationnelles existantes. Par ailleurs, les unités de base de production coopérative et les exploitations d’élevage d’État nécessitent de vastes terrains, et il ne peut donc y en avoir dans le parc. Les

    exploitations d’élevage d’État comportent une structure organisationnelle complexe, y compris un appareil administratif. Les experts, les agriculteurs et l’équipe du PMH conviennent que l’organisation la plus efficace consisterait à créer progressivement de petites fermes qui intégreraient la culture, l’élevage et le reboisement. Pour régler les problèmes de dispersion et l’absence d’incitatifs personnels à la production, on créera des fermes séparées de plus petite taille. Chaque famille obtiendra la propriété partielle d’une parcelle et sera responsable de la production. Réduire la taille des fermes contribuera à régler les problèmes techniques, tels que le risque, et les problèmes d’administration et de direction. La structure des petites fermes facilitera également l’intégration des terres du PMH : l’activité agricole deviendra plus étroitement liée aux autres activités du parc.
  • Détérioration des sols — L’un des objectifs du PMH est de localiser les terres agricoles dans les régions les plus fertiles et d’appuyer des méthodes de protection et d’amélioration de la qualité des sols. Des recherches sont en cours à ce chapitre.
  • Pénuries d’eau propre pour l’agriculture — La zone agricole du parc fait partie de la région hydrographique de l’Almendares et, plus précisément, de la sous-région du Santoyo. Ces deux sources d’eau sont contaminées. Il faut donc trouver de bonnes sources d’eau pour l’aquaculture et l’irrigation des parcelles agricoles.
  • Manque de ressources et de formation des producteurs — Le degré de formation technique des producteurs varie. Certains font de la culture sans recourir aux méthodes traditionnelles efficaces et d’autres ne peuvent obtenir de meilleurs résultats à cause de leur accès limité aux ressources. En général, il est difficile d’obtenir des fournitures telles que des graines, des engrais et des outils.
  • Manque de protection physique de la zone agricole — À cause de la situation économique de Cuba, les cultures sont souvent volées, ce qui dissuade les gens de produire. Il est essentiel de garantir les revenus des agriculteurs et de les protéger au moyen de mécanismes adéquats.
  • Absence de mécanismes de commercialisation des produits agricoles — Au moment de la recherche, il n’était pas prévu de commercialiser les produits agricoles excédentaires du PMH. Les producteurs ont commercialisé leurs propres produits par l’entremise du marché d’élevage et de production agricole et par d’autres moyens. La commercialisation exige du temps et de l’énergie que les agriculteurs doivent consacrer aux activités agricoles ; ils ont donc demandé au PMH d’organiser cette activité.

À moyen terme, le programme agricole vise à aborder chacun de ces problèmes. Il a pour objectif d’établir une meilleure structure organisationnelle du secteur agricole par :

  • la création de petites fermes d’agriculture biologique de 2 à 4 ha ( cinq dans les trois premières années ) ;
  • la mise sur pied d’un organisme ou d’une institution qui fournira des services aux agriculteurs du secteur ;
  • le regroupement d’agriculteurs par zone ;
  • la participation conjointe des agriculteurs et du PMH à la planification de la production et de la commercialisation.

Projet proposé

Nous proposons qu’Oxfam Canada aide l’équipe du PMH pendant les premiers stades du projet. Cette proposition comprend les aspects essentiels de la planification agricole dans le secteur et la mise en œuvre de trois projets secondaires spécifiques : création de la première ferme intégrée ; élaboration de mécanismes visant à faciliter la participation des agriculteurs ; mise sur pied d’un organisme chargé de fournir des services aux producteurs agricoles du PMH.

La zone visée par le projet s’étend sur environ 151 ha dans les municipalités de Marianao et de Cerro. La ferme d’agriculture biologique proposée sera située à Santa Catalina ( population : 528 habitants ), en banlieue de Pogolotti ( population : 11 200 habitants ), dans la municipalité de Marianao.

Il semble incongru de faire de l’agriculture dans un parc, mais l’équipe du PMH propose d’aller de l’avant pour les raisons suivantes :

  • L’agriculture en milieu urbain est essentielle pour améliorer la sécurité alimentaire de certains secteurs de la capitale. Ce motif concorde avec la politique nationale qui vise à récupérer les espaces urbains aux fins de l’agriculture afin de compléter l’approvisionnement d’aliments de base à faible coût pour les citadins.
  • Le PMH doit organiser une agriculture écologique, globale et autosuffisante, intégrée aux autres activités et objectifs du parc, qui assurera notamment la durabilité économique pour les agriculteurs et la remise en état de l’environnement et sera compatible avec les autres éléments du parc.
  • La communauté agricole du parc doit être motivée à résoudre ses problèmes et cette motivation doit s’inscrire dans une approche volontaire et participative à l’agriculture. Parmi les initiatives suggérées pour encourager cette participation, on relève la création de mécanismes de consultation et de diffusion de l’information concernant les projets du parc ainsi que la planification et l’exécution d’un programme d’éducation écologique et de reboisement.
Buts spécifiques
  1. Regrouper les 53 producteurs du secteur en quatre zones afin de faciliter la diffusion de l’information, l’éducation environnementale et la formation — Cette idée ressort des réunions et des ateliers d’agriculteurs et de producteurs. Une telle structure organisationnelle permettrait d’élaborer un programme de mise en valeur du potentiel environnemental et technique. Le processus participatif résiderait dans les associations de producteurs existantes, notamment les administrations locales. Les

    personnes concernées détermineront les priorités en matière d’éducation environnementale dans leur secteur.
  2. Créer une ferme expérimentale intégrale de 4,3 ha — La ferme proposée serait située dans la banlieue de Finlay et de Marianao, un secteur choisi pour la qualité du sol. Monocultures et polycultures alterneraient. Tous les déchets constitués de matières primaires seraient recyclés pour soutenir le système de production. L’objectif serait l’autosuffisance : les produits seraient consommés par les agriculteurs, et la plupart des fournitures nécessaires pour l’élevage et la culture seraient produites à la ferme. Cette ferme expérimentale serait la première de cinq du même genre devant être établies dans les trois prochaines années et elle servirait de modèle pour l’organisation du reste des parcelles.
  3. Créer un centre de services ( accessoires de travail et équipes d’aide ) aux producteurs — Pendant les premières années, 16 travailleurs qui dépendent de centres de main-d’œuvre seraient employés par un centre de services. Après la fermeture de ce centre, les agriculteurs indépendants deviendraient l’élément central du parc et ils auraient accès à l’équipement et aux outils que le centre de services aurait administrés.
  4. Mener trois études essentielles pour planifier et organiser l’agriculture dans le parc — Ces trois études porteraient sur les déchets et la qualité de l’eau, l’approvisionnement en produits agricoles et les marchés ainsi que les formes organisationnelles de la ferme intégrée et du fournisseur de services. Dans chaque cas, les conclusions de l’étude seraient intégrées dans le processus de planification.

Comme l’équipe interdisciplinaire n’a pas d’expérience en agriculture urbaine, elle accueille favorablement les conseils, les idées et les suggestions de l’extérieur.







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