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Bill Carman

ID: 31959
Added: 2003-06-13 12:15
Modified: 2004-11-19 16:40
Refreshed: 2010-03-14 06:52

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Expérience de l'ESPGRN–Sikasso sur la dolique comme plante fourragère et plante de couverture au Mali-Sud
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M. Bengaly

Abstract

In response to farmers' increasing complaints about insufficient animal feed in south Mali, trials on Dolichos lablab were carried out between 1991 and 1994. Dolichos showed good adaptation to maize intercropping. When Dolichos was planted between maize stands 15–21 d after maize planting, average forage (Dolichos–maize) yield ranged between 5 and 6 t ha-1. Maize-yield reduction was less than 200 kg grain ha-1. Farmers found the system very attractive because the loss of income from 200 kg of maize grain was far less than the cost of procuring 1 000 kg of animal feed in the dry season. Although the residual effects of Dolichos–maize intercropping on soil fertility were superior to those of maize planted alone, the primary reason for farmer adoption was increased forage, rather than green-manure production. The leaves, flowers, and pods of Dolichos are very susceptible to insect pests. Availability of seeds, therefore, constitutes a major constraint on adoption of the system. Farmers have discovered, however, that Dolichos planted around cotton fields produces good-quality seeds because it suffers from fewer insect attacks.

Introduction

La zone Mali-Sud est comprise entre les isohyètes 800 mm au nord et 1 200 mm au sud. Elle est la zone cotonnière par excellence depuis plus de 40 ans. Outre le coton, le sorgho, le maïs et le mil occupent une place importante dans le système de culture. La pression sur les terres de culture et les pâturages est la raison principale de la dégradation physique ( érosion ) et chimique des sols. La teneur en N et K est respectivement de -5 et -7 kg ha-1 an-1. Des pH compris entre 5 et 4 ont été observés. Cela a ainsi entraîné une diminution de la quantité et de la qualité du fourrage en saison sèche. C'est dans ce cadre que l'Équipe Systèmes de production et guestion des ressources naturelles – Sikasso a voulu intensifier la production fourragère tout en protégeant le sol contre la dégradation. Ainsi, des légumineuses fourragères telles que le niébé, le Mucuna, le Stylosanthes et la dolique ( Dolichos lablab ) ont été introduites dans la zone. Certaines de ces légumineuses, comme le niébé, ont eu une faible adoption en raison de leur insertion difficile dans le calendrier agricole du paysan.

Ces dernières années, l'accent a surtout été mis sur la dolique, qui présente l'avantage très certain de bien couvrir le sol. Cette couverture intervient au moment où le sol devrait être exposé ( après la récolte du maïs ) au soleil et aux grandes pluies, le protégeant ainsi de l'érosion par ruissellement et par lixiviation. Le système racinaire pivotant et dense de la dolique permet une meilleure exploitation du sol et une augmentation du taux de matière organique du sol. La dolique perd ses feuilles vers la fin de septembre et reprend de la vigeur à la mi-octobre. Ces feuilles qui tombent en période encore humide se décomposent et forment un humus non négligeable qui peut compenser une partie des exportations faites par la plante.

Les recherches sur la dolique, qui ont été effectuées entre 1991 et 1994, avaient comme objectifs de produire du fourrage en quantité et en qualité et de diminuer l'érosion hydrique. Afin de favoriser son intégration dans le système de production de la zone d'étude, la dolique a été associée au maïs. Cette pratique offre certains avantages : économies de terres cultivables et de main-d'uvre ; augmentation globale du fourrage grâce aux tiges de maïs liées par la dolique ; meilleure gestion du calendrier agricole ( possibilités de réaliser la récolte après celle du coton ) ; et meilleure protection du sol contre l'érosion après la récolte du maïs.

La culture qui était introduite dans la zone a été testée dans un premier temps afin d'en évaluer l'adaptabilité au milieu et les caractéristiques en tant que fourrage. Par la suite, les aspects agronomiques ( mode et date d'association, fertilisation, effets sur le sol et la production de semences ) ont été étudiés.

Résultats

Le rendement de fourrage dolique–maïs se situait en moyenne entre 3 et 6 t ha-1. Les résultats variaient cependant selon la campagne et le site. En année d'excès d'eau, la dolique se comporte mal. Le rendement est plus intéressant sur les sols limoneux à limono-argileux. Sur beaucoup de sites, une couverture totale du sol a été observée après la récolte du maïs. Le coût de production de cette culture, estimé à 12 francs CFA kg-1, était inférieur à celui du fourrage niébé ou mil ( 15 francs CFA kg-1 ) et au prix de l'aliment pour bétail concentré ( 24 francs CFA kg-1 ) ( en 1998, 610,65 francs CFA [ XOF ] = 1 dollar américain [ USD ] ). Après la première année de test, les paysans ont beaucoup apprécié le fourrage dolique associé aux tiges de maïs.

Mode et date d'association

Après une campagne de test, le mode le plus approprié était l'association de la dolique sur la même ligne que le maïs en « interpoquet » afin de faciliter les travaux d'entretien mécanique. Pour des interlignes de 0,80 cm et selon l'écartement des poquets, la dolique était associée après chaque poquet de maïs ( >60 cm ) ou après chaque deux poquets ( <60 cm ).

La date optimale d'association variait de 15 à 21 jours après le maïs, ou lorsque les plants de maïs avaient de quatre à six feuilles. L'incidence de la dolique sur le maïs est faible, voire négligeable, selon le point de vue des paysans. En moyenne, le manque à gagner est de 200 kg ha-1 de maïs graine qui, selon le paysan, est insignifiant devant le gain de 1 000 kg ha-1 supplémentaire de fourrage de qualité. Les paysans estiment que le prix des 200 kg ha-1 de maïs ne suffit pas pour payer l'équivalent de 1 000 kg ha-1 d'aliment pour bétail.

Fertilisation

Deux campagnes agricoles ont été mises à profit pour étudier trois doses d'engrais sur l'association :

Parcelle

Traitement

D1

50 kg complexe céréale ( 15–15–15 N–P–K ) + 75 kg d'urée ( 46 % N )

D2

D1 + 200 kg phosphate naturel ( 28 % P205, 35 % Ca0 )

D3

2D1 = 100 kg complexe céréale + 150 kg d'urée

Les résultats ont montré que la dose forte de fumure minérale ( D3 ) donne le meilleur rendement ( fourrage et maïs graine ) mais que la pratique incluant le phosphate naturel semble la plus économique et la plus durable pour le système du paysan. Dans les années de bonne pluviométrie, le phosphate naturel améliore la production fourragère de dolique.

Les observations sur les effets à long terme du maïs–dolique ont montré que le système n'épuise pas le sol. Les mesures de rendement et les observations des paysans ont montré que les anciennes parcelles de dolique se comportent mieux par rapport aux parcelles de maïs pur.

Production paysanne de semences de dolique

La longueur du cycle de la variété de dolique utilisée et sa sensibilité aux attaques constituent les contraintes pour la production de semences chez les paysans. La divagation des animaux intervient avant la maturation des graines de dolique en plein champ ; la dolique est aussi très attaquée par les insectes.

C'est dans ce cadre que plusieurs techniques de production ont été testées : la production dans les jardins ; la production sur les arbres ; la production sur les arbres à l'intérieur des champs de coton et sur les diguettes anti-érosives au bord des parcelles de coton ; et le triage progressif des graines mûres dans les parcelles associées. Dans tous les cas, les parcelles situées à proximité des champs de coton ont été très peu attaquées et ont permis de produire des quantités modestes de graines de dolique.







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