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Bill Carman

ID: 31929
Added: 2003-06-13 8:55
Modified: 2004-11-14 14:50
Refreshed: 2010-03-14 06:51

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Gestion améliorée de la jachère par l'utilisation de légumineuses de couverture
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Z. Segda, V. Hien, F. Lompo et M. Becker

Résumé

Une expérimentation a été conduite en 1994–1995 à la Station de recherches agricoles de Farako-Ba. Il s'agissait d'introduire et d'évaluer les performances de croissance de sept légumineuses à travers la vigueur à la levée et le rythme de croissance, la couverture du sol, la hauteur ou la densité de végétation, la durée du cycle végétatif, la production de biomasse aérienne sèche et le pourcentage et l'accumulation de N. Les légumineuses utilisées étaient les suivantes : Calopogonium mucunoïdes Desv., Mucuna pruriens ( L. ) DC var. utilis ( Wight ) Burck., Mucuna cochinchinensis, Pueraria phaseoloïdes ( Roxb. ) Benth., Lablab purpureus ( L. ) Sweet, Macroptilium atropurpureum ( DC ) Urb. et Cajanus cajan ( L. ) Millsp.

Il ressort de l'étude les observations suivantes : ( 1 ) ces plantes ont un cycle végétatif variant entre 6 et 10 mois ; même après la période végétative, certaines d'entre elles, comme les « mucunes » , présentent une litière abondante et sèche se formant en un enchevêtrement de lianes et de feuilles, constituant non seulement une protection du sol mais aussi un environnement favorable pour les micro-organismes ; ( 2 ) Cajanus cajan et les deux mucunes produisent la biomasse aérienne la plus importante avec un très bon taux de couverture ; ( 3 ) la teneur en N des légumineuses varie de 1,65 à 3,95 %, occasionnant une accumulation assez importante de N ( 61–650 kg ha-1 ).

Ces légumineuses peuvent constituer une solution de remplacement intéressante pour résoudre le problème de baisse de la fertilité du sol et du rendement des cultures dans la zone ouest du Burkina Faso.

Abstract

Seven legumes — Calopogonium mucunoïdes Desv., Mucuna pruriens (L.) DC var. utilis (Wight) Burck., Mucuna cochinchinensis, Pueraria phaseoloïdes (Roxb.) Benth; Lablab purpureus (L.) Sweet., Macroptilium atropurpureum (DC) Urb. et Cajanus cajan (L.) Millsp. — were evaluated for performance (germination, growth-cycle soil coverage, height or vegetation density, aboveground-biomass production, and N accumulation). In general, germination was faster (97%) with large-grained legumes. All of the legumes except siratro were characterized by slow initial growth and a very long growing cycle (6–10 months). These characteristics are important in the formulation of intercropping systems with cereals. Slow initial growth can constitute a problem because the legumes can become vulnerable to fast-growing weeds. Mucuna, calopo, and puero were free of insect pests, whereas L. purpureus was badly attacked by some unidentified pests. The legumes accumulated 2.7–8 t ha-1 of dry matter (DM). A total DM production of 19 t ha-1 was recorded for Cajanus. In 1994, an N accumulation of 61–231 kg ha-1 was observed for the legumes.

Introduction

Dans les zones d'Afrique soudano-guinéenne à forte densité de population, l'intensification des cultures, entraîne toujours une baisse du niveau de fertilité du sol ( Dommergues et Ganry 1991 ; Sedogo 1991, 1993 ; Becker et al. 1995 ). Les effets négatifs les plus apparents attribuables à l'intensification sont la baisse du taux de matière organique ( MO ) ( Hien et al. 1993 ), associée à la réduction de la quantité de N dans le sol ( Traoré et Gigou 1991 ), et l'infestation des terres de culture par les mauvaises herbes. La croissance rapide de la population ( plus de 3 % an-1 ) mène à l'expansion des cultures, au déboisement et au surpâturage. La disparition du couvert végétal rend le sol vulnérable à l'érosion ( Chopart 1984 ; Alegre et Cassel 1994 ). Les longs intervalles de jachère naturelle, nécessaires à la régénération de la fertilité du sol, ne peuvent plus être pratiqués ( Nye et Greenland 1960 ; Sanchez 1976 ; Sedogo 1993 ; Le Roy 1995 ). Il faut trouver le moyen de combiner le recours intensif mais durable aux ressources disponibles localement ( Burkina phosphate, dolomie, fumier, compost, engrais verts, jachères améliorées à base de légumineuses ) et l'emploi parcimonieux d'intrants extérieurs afin de maîtriser l'érosion et de maintenir ou d'augmenter la productivité des sols ( Raquet 1991 ).

Il faudrait élaborer un système d'agriculture équilibrée sur le plan écologique, combinant des mesures d'agencement des cultures ( agroforesterie, culture multiple ) et des mesures de fumure organique telles que l'utilisation de fumier provenant de bétail en étable, le compostage et l'ensemencement de jachères avec des légumineuses à croissance rapide, fixatrices de N. Ces jachères sont censées remplacer les jachères pâturées traditionnelles qui mettent longtemps à restaurer la fertilité du sol et dont l'efficacité reste faible ( Pieri 1989 ; Raquet 1991 ; Roose 1993 ). En comparaison, elles sont de courte durée, étouffent efficacement les adventices ( Johnson et Adesina 1993 ; Roose 1993 ), produisent bien plus de biomasse au cours de la première année ( jusqu'à 20 t ha-1 de matière sèche [ MS ] de biomasse aérienne ) ( Pietrowick et Neuman 1987, cités par Raquet 1991 ), limitent l'érosion, permettent de maintenir la biodiversité et améliorent la productivité du sol ( Becker et al. 1996 ).

Certains auteurs trouvent des résultats mitigés par rapport aux jachères de courte durée. Selon Hien et al. ( 1993 ), les jachères améliorées à partir des légumineuses ( Stylosanthes, dolique, etc. ) ou naturelles à base de graminées à forte densité racinaire ( Andropogon, Pennisetum, etc. ) peuvent contribuer au maintien de la productivité face aux exigences de l'intensification des cultures lorsque le sol n'est pas en voie de dégradation poussée. Pieri ( 1989 ) montre à travers les travaux de l'Institut de recherches du coton et des textiles exotiques que des jachères, même courtes, réduisent le taux de pertes annuelles de MO. Le problème principal est de convaincre le paysan d'introduire ces jachères de courte durée dans son système de culture avant les baisses importantes de sa production végétale attribuables à la désaturation du complexe absorbant des sols. Cependant, la meilleure solution de replacement des systèmes de culture de ces zones écologiquement fragiles reste l'amélioration de la gestion des résidus culturaux et autres mesures de conservation du sol ( par exemple, avec les plantes de couverture ). Une telle gestion assurerait probablement la durabilité de la productivité en limitant l'érosion ( Yost et Evans 1988 ), en améliorant les propriétés physiques et la fertilité du sol ( Wilson et al. 1982 ; Lathwell 1990 ), et en réduisant la pression des adventices ( Akobundu 1993 ; Balasubramanian et Blaise 1993 ).

L'objet de la présente communication est de présenter une approche visant à introduire les légumineuses de couverture dans les systèmes de culture des producteurs de la zone ouest du Burkina Faso. Cela se fait à travers le criblage de plusieurs espèces de légumineuses traditionnelles et exotiques ( provenant des collections de germoplasmes du Centro Internacional de Agricultura Tropical, de l'International Rice Research Institute et de l'Institut international d'agriculture tropicale ) afin de sélectionner celles qui auront la faveur des producteurs et qui s'adaptent aux conditions agro-pédoclimatiques de la zone.

Matériel et méthodes

Emplacement et caractéristiques du site

L'étude a été conduite en parcelles de cultures de la Station de recherches agricoles de Farako-Ba, située sur l'axe Bobo–Banfora, à 10 km au sud-ouest de Bobo Dioulasso ( 04° 20´ de longitude O., 11° 06´ de latitude N. et 405 m asl d'altitude ). Le climat de la région est de type sub-soudanien ( Guinko 1984 ), caractérisé par une période fraîche de novembre à février et une période chaude en mars et en avril. La longueur de la saison de pluies ou période de végétation active s'étend de 130 à 150 jours, avec une pluviométrie monomodale variant entre 950 et 1 100 mm. L'essentiel des précipitations s'étale de juin à septembre et se concrétise en nombre de jours de pluie variant de 50 à 70. Le sol appartient à la classe des sols à sesquioxydes de fer ± de manganèse et au sous-groupe des sols ferrugineux tropicaux lessivés indurés peu profonds ( lixisols ferriques, phase pétroferrique ). Les caractéristiques physico-chimiques figurent au tableau 1.

Tableau 1. Caractéristiques physico-chimiques du sol, Farako-Ba, saison humide, 1994.

Horizon

Caractéristique

0–20 cm

20–40 cm

Analyse granulométrique

Texture

SL

LS

Argile ( % )

12,75

13,50

Limon fin ( % )

8,75

4,75

Limon grossier ( % )

11,13

54,69

Sable fin ( % )

65,28

26,16

Sable grossier ( % )

2,09

0,95

Matière organique

Matière organique totale ( % )

1,02

0,93

C total ( % )

0,59

0,54

N total ( % )

0,05

0,04

C–N

12,0

14,0

K

Total ( ppm )

974,0

1 678,0

Disponibilité ( ppm )

89,0

49,0

P

Total ( ppm )

88,0

132,0

Assimilable ( ppm )

3,38

2,86

Bases échangeables

Ca2+ ( méq 100 g-1 du sol )

1,43

1,53

Mg2+ ( méq 100 g-1 du sol )

0,51

0,82

K+ ( méq 100 g-1 du sol )

0,15

0,08

Na+ ( méq 100 g-1 du sol )

0,06

0,08

Somme des bases, S ( méq 100 g-1 du sol )

2,15

2,50

Capacité d'échange, T ( méq 100 g-1 du sol )

3,83

3,86

Taux de saturation, S / T ( % )

56,3

64,9

Réaction du sol

pH eau

6,19

5,62

pH KCl

4,60

4,47

Al échangeable ( méq 100 g-1 du sol )

<0,01

0,04

H échangeable ( méq 100 g-1 du sol )

0,28

0,44

Nota : LS, limon sableux ; SL, sable limoneux.



Évaluation des légumineuses

Dans cette expérimentation, sept légumineuses ont été utilisées : Calopogonium mucunoïdes Desv. ( calopa ), Mucuna pruriens ( L. ) DC var. utilis ( Wight ) Burck. et Mucuna cochinchinensis ( « mucunes » ), Pueraria phaseoloïdes ( Roxb. ) Benth. ( puero ), Lablab purpureus ( L. ) Sweet ( dolique ), Macroptilium atropurpureum ( DC ) Urb. ( siratro ) et Cajanus cajan ( L. ) Millsp. ( pois cajan ou pois d'angole ). Il s'agissait d'introduire et d'évaluer leur performance de croissance à travers le rythme de croissance et la durée du cycle végétatif, la couverture du sol, la hauteur ou la densité de végétation, la production de biomasse aérienne sèche et le pourcentage et l'accumulation de N.

Ces plantes ont été semées le 12 juillet 1994 et le 15 juin 1995. Les écartements utilisés étaient de 0,20 m entre les lignes pour toutes les cultures. La densité de semis était fonction du type de semence : 25–30 graines m-2 pour les légumineuses à petites graines ( calopo, puero et siratro ) et 10–15 graines m-2 pour celles à grosses graines ( pois cajan, dolique, mucune ). Les dimensions des parcelles élémentaires étaient de 8 m x 3 m ( 24 m2 ). Pour chaque légumineuse, on utilisait trois répétitions.

Sur les légumineuses, le prélèvement de la biomasse a été effectué sur trois lignes de 3,3 m de long. Un sous-échantillon de 100 g de matière fraîche a été pris et mis à sécher à l'étuve 72 h à 70° C pour la détermination de MS. Cet échantillon est par la suite conservé dans un sachet en plastique bien fermé pour la détermination de la teneur en N par la méthode Kjeldahl. Les légumineuses ont été récoltées à une périodicité de 28 jours à partir du semis.

Résultats et discussion

Évaluation des légumineuses

Les données concernant le pourcentage de levée, l'indice de couverture et l'épaisseur de végétation ( à différentes étapes du cycle végétatif ) des légumineuses figurent dans les tableaux 2 et 3 pour 1994 et 1995 respectivement. On constate en général une très bonne levée pour les légumineuses à grosses graines ( en moyenne 97 % ) par rapport aux petites ( 55 % ). Les semences de dolique et de siratro ont été obtenues à Beguedo ( CRPA du centre-est ) auprès d'une coopérative de production de semences fourragères. Cela dénote une relative maîtrise de la production de semences

Tableau 2. Pourcentage de levée, indice de couverture du sol et épaisseur de végétation des légumineuses, Farako-Ba, saison humide, 1994.

Épaisseur ( cm )

% levée

Couverture a

28 JAS

56 JAS

84 JAS

C. mucunoïdes

75

9

5,0

15,9

38,6

M. cochinchinensis

96

9

10,9

20,8

70,1

P. phaseoloïdes

95

7

12,3

2,8

62,7

M. pruriens

98

8

12,7

21,3

72,0

L. purpureus

98

7

11,8

26,3

68,0

C. cajan

95

7

21,3

71,3

172,5

M. atropurpureum

40

6

4,7

10,8

17,9

Nota : JAS, jours après le semis. Légumineuses : Calopogonium mucunoïdes Desv., Mucuna cochinchinensis, Pueraria phaseoloïdes ( Roxb. ) Benth., Mucuna pruriens ( L. ) DC var. utilis ( Wight ) Burck., Lablab purpureus ( L. ) Sweet, Cajanus cajan ( L. ) Millsp. et Macroptilium atropurpureum ( DC ) Urb.
a Évaluation visuelle : 1 = 10 %, 2 = 20 %, , 10 = 100 % de couverture.

Tableau 3. Pourcentage de levée, indice de couverture du sol et épaisseur de végétation des légumineuses, Farako-Ba, saison humide, 1995.

Épaisseur ( cm )

% levée

Couverture a

28 JAS

56 JAS

84 JAS

C. mucunoïdes

52

8

10,2

27,0

39,8

M. cochinchinensis

87

8

41,2

58,9

63,4

P. phaseoloïdes

43

5

9,8

20,8

43,6

M. pruriens

77

7

41,9

69,4

59,1

L. purpureus

98

6

25,6

52,2

43,4

C. cajan

95

7

31,3

118,2

133,0

M. atropurpureum

47

5

ND

ND

ND

Nota : JAS, jours après le semis ; ND, non déterminé. Légumineuses : Calopogonium mucunoïdes Desv., Mucuna cochinchinensis, Pueraria phaseoloïdes ( Roxb. ) Benth., Mucuna pruriens ( L. ) DC var. utilis ( Wight ) Burck., Lablab purpureus ( L. ) Sweet, Cajanus cajan ( L. ) Millsp. et Macroptilium atropurpureum ( DC ) Urb.
a Évaluation visuelle : 1 = 10 %, 2 = 20 %, , 10 = 100 % de couverture.

L'indice de couverture est très bon dans l'ensemble, à l'exception du siratro. En ce qui concerne le rythme de croissance, on note dans l'ensemble un démarrage lent, mais le rythme devient plus rapide après le second mois de végétation, surtout en ce qui concerne le pois d'angole, légumineuse arbustive. Cette croissance initiale lente de ces légumineuses, avec un cycle très long ( de 6 à 10 mois ), pourrait être intéressante dans le cas d'une association avec des céréales : peu de compétitivité vis-à-vis de la céréale ( eau et éléments minéraux ) de toute façon largement compensée par son effet de couverture du sol ( lutte contre les adventices et diminution de l'évaporation du sol ), forte production de MS à l'hectare, complète couverture du sol et lente décomposition qui permettent de maintenir le sol couvert à plus de 70 % pendant plus de 4 mois à partir de son plein développement. Ces plantes sont restées vertes de juillet 1994 à janvier 1995, ne commençant la dégénérescence que plus tard pour toutes les espèces à l'exception du siratro dont le développement a été lent. Cette dernière est restée verte pendant plus de 11 mois. Dès les premières pluies d'avril 1995, le calopo, le siratro et le puero, dans une moindre mesure les mucunes et la dolique, ont germé naturellement. Les tableaux 4 et 5 présentent l'évolution de la biomasse aérienne sèche des légumineuses de couverture à différentes phases du cycle végétatif, respectivement pour 1994 et 1995.

Tableau 4. Évolution de la biomasse aérienne sèche de quelques
légumineuses, Station de Farako-Ba, saison humide, 1994.

Biomasse aérienne sèche ( kg MS ha-1 )

28 JAS

56 JAS

84 JAS

196 JAS

224 JAS

252 JAS

C. mucunoïdes

41

4 982

7 904

5 782

3 289

3 692

M. cochinchinensis

119

9 038

8 051

5 698

3 408

8 233

P. phaseoloïdes

12

1 419

2 961

2 927

3 076

3 005

M. pruriens

120

2 588

7 629

3 928

3 373

4 890

L. purpureus

131

2 425

3 104

3 939

4 059

5 681

C. cajan

225

5 588

9 333

ND

ND

6 435

M. atropurpureum

ND

ND

ND

1 941

3 278

2 732

Nota : JAS, jours après le semis ; MS, matière sèche ; ND, non déterminé. Légumineuses : Calopogonium mucunoïdes Desv., Mucuna cochinchinensis, Pueraria phaseoloïdes ( Roxb. ) Benth., Mucuna pruriens ( L. ) DC var. utilis ( Wight ) Burck., Lablab purpureus ( L. ) Sweet, Cajanus cajan ( L. ) Millsp. et Macroptilium atropurpureum ( DC ) Urb.

Tableau 5. Évolution de la biomasse aérienne sèche de quelques légumineuses, Station de Farako-Ba, saison humide, 1995.

Biomasse aérienne sèche ( kg MS ha-1 )

28 JAS

56 JAS

84 JAS

112 JAS

C. mucunoïdes

209

2 147

9 135

7 904

M. cochinchinensis

891

6 618

9 135

8 050

P. phaseoloïdes

56

723

8 975

2 968

M. pruriens

1 056

4 750

9 861

7 629

L. purpureus

459

3 347

5 667

3 104

C. cajan

149

3 491

28 836

19 333

M. atropurpureum

357

993

1 115

ND

Nota : JAS, jours après le semis ; MS, matière sèche ; ND, non déterminé. Légumineuses : Calopogonium mucunoïdes Desv., Mucuna cochinchinensis, Pueraria phaseoloïdes ( Roxb. ) Benth., Mucuna pruriens ( L. ) DC var. utilis ( Wight ) Burck., Lablab purpureus ( L. ) Sweet, Cajanus cajan ( L. ) Millsp. et Macroptilium atropurpureum ( DC ) Urb.

Au cours de la première campagne de criblage, les plantes ont été suivies jusqu'à la fin de la période de jachère. La dolique, le siratro et le puero ont un développement initial plus lent que les mucunes et le pois cajan, couvrent le sol plus tard ; par conséquent, ils sont plus vulnérables dans la compétition avec les adventices à croissance rapide dans les premières semaines. Les feuilles de L. purpureus souffrent d'une forte infestation de ravageurs, alors que les mucunes, le calopo et le puero présentent une croissance puissante et saine. La MS accumulée pour la plupart des légumineuses est importante ( 2,7–8 t ha-1 ; 19 t ha-1 pour le pois cajan ). Ces données sont conformes à celles de nombreux auteurs dont Skerman ( 1982 ), qui trouve un rendement en MS variant de 10 à 35 t ha-1 en Australie pour le C. cajan. Le pourcentage et l'accumulation de N sont présentés au tableau 6.

Tableau 6. Biomasse aérienne sèche, pourcentage et accumulation de N des légumineuses, Station de Farako-Ba, saison humide, 1994 et 1995.

Biomasse aérienne sèche
( kg MS ha-1 )

Teneur en N
( % )

Accumulation de N
( kg ha-1 )

1994

1995

1994

1995

1994

1995

C. mucunoïdes

3 692

7 904

1,65

2,21

61

175

M. cochinchinensis

8 233

8 050

2,80

3,05

231

246

P. phaseoloïdes

3 005

2 968

1,92

2,21

58

66

M. pruriens

4 890

7 629

1,69

2,78

83

212

L. purpureus

5 681

3 104

2,03

3,71

115

115

C. cajan

6 435

19 333

2,53

3,36

163

650

M. atropurpureum

2 732

ND

2,43

3,95

66

ND

Jachère naturelle

ND

3 290

ND

0,12

ND

4,0

Nota : MS, matière sèche ; ND, non déterminé. Légumineuses : Calopogonium mucunoïdes Desv., Mucuna cochinchinensis, Pueraria phaseoloïdes ( Roxb. ) Benth., Mucuna pruriens ( L. ) DC var. utilis ( Wight ) Burck., Lablab purpureus ( L. ) Sweet, Cajanus cajan ( L. ) Millsp. et Macroptilium atropurpureum ( DC ) Urb.

En 1994, on note une accumulation de N de l'ordre de 61 ( calopo ) à 231 ( M. cochinchinensis ) kg ha-1. Agboola et Fayemi ( 1972 ) et Mello ( 1978 ) ( cités par Charpentier et al. 1991 ) trouvent respectivement de 370 à 450 kg N ha-1 pour C. mucunoïdes et 157 kg N ha-1 pour M. pruriens var. utilis. Skerman ( 1982 ) avance pour cette dernière un rendement de 331 kg N ha-1, soit l'équivalent de 1 615 kg ha-1 de sulfate d'ammoniaque au Queensland septentrional ( Australie ). Pour la seconde année de criblage, on obtient de 66 ( puero ) à 650 ( Cajanus ) kg N ha-1. Ces apports de N sont considérables et contribuent, si la gestion des résidus de légumineuses est bien efficace, à une meilleure disponibilité en N du sol pour les cultures.

Conclusion et perspectives

Ces deux années de criblage ont donné d'appréciables renseignements sur le comportement de ces légumineuses de couverture dans les conditions agro-pédoclimatiques de la station de Farako-Ba. La litière en place et l'accumulation de N en fin de jachère est appréciable.

Actuellement, des études sont entreprises en conditions paysannes afin de faire participer davantage les agriculteurs au développement de ces méthodes culturales, gage de réussite du transfert de technologie. De même, des expérimentations sur les possibilités d'associer les cultures vivrières ( mil, maïs, sorgho ) et les plantes de couverture, simultanément ou en culture relayée, sont en cours, comme celles portant sur une gestion rationnelle des résidus de légumineuses.

Références

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Balasubramanian, V. ; Blaise, N.K.A. 1993. Short season fallow management for sustainable production in Africa. Dans Ragland, J. ; Lal, R. ( dir. ), Technologies for sustainable agriculture in the tropics. American Society of Agronomy, Madison ( WI, É.-U. ). ASA-SP no 56. p. 279–293.

Becker, M. ; Johnson, D.E. ; Heinrichs, E.A. ; Afun, K. ; Russell-Smith, A. 1995. Effect of cropping intensification on biotic and abiotic constraints in upland rice. Dans Cheneau-Loquay, A. ; Leplaideur, A. ( dir. ), Quel avenir pour les rizicultures de l'Afrique de l'Quest. Actes des rencontres internationales, 4–7 avril 1995, Bordeaux ( France ). Centre national de la recherche scientifique ; Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement ; REGARDS, Maison des Suds, Talence ( France ). Thème 2 ( Des interventions plus légères, des logiques plus participatives ). p. 81–83.

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