Les multiples voies et répercussions de la pollution au manganèse au Mexique

Les voies vers une meilleure santé 

Une étude effectuée au Mexique a prouvé concrètement les risques que l’exposition au manganèse fait peser sur la santé des enfants.

L’exploitation minière de l’un des plus grands gisements de manganèse au monde a porté atteinte tant à l’environnement qu’à la santé humaine dans l’État mexicain d’Hidalgo. Les gens vivant à proximité des mines de la région de Molango ont éprouvé des symptômes respiratoires et leurs capacités motrices, cognitives et sensorielles se sont amoindries.

En 2000, le programme ÉCOSANTÉ du CRDI a commencé à financer des recherches sur les effets des activités minières sur la santé des populations et sur l’environnement dans la région. Dans le cadre de ces travaux, des chercheurs en écosanté de l’Instituto Nacional de Salud Pública du Mexique ont échantillonné l’eau, le sol, les récoltes, l’air et les rejets miniers dans huit collectivités. Ils ont cherché à évaluer les niveaux de manganèse et à comprendre l’exposition des populations à ce métal utilisé dans la fabrication d’acier, de piles et de céramique, et son effet sur la santé.

En 2003, l’équipe a analysé le sang et les habiletés motrices de près de 300 adultes vivant à proximité des mines. Elle a constaté une forte corrélation entre les résultats inquiétants des tests neurologiques et les concentrations de manganèse dans le corps.

Lorsque les chercheurs ont procédé à des analyses semblables auprès d’enfants d’âge scolaire en 2007, ils ont constaté qu’ils étaient plus gravement atteints que les adultes par l’exposition au manganèse. Des concentrations plus élevées de manganèse dans les cheveux des enfants étaient associées à des diminutions significatives du QI et à un ralentissement du développement.

 

 
Ces constatations ont fortement incité les collectivités, les responsables des politiques et la société minière elle-même à se concerter pour trouver des solutions.
 
L’extraction du manganèse, une force économique
 
Depuis les années 1960, les activités minières ont remodelé un paysage autrefois agricole et forestier. Les premiers espoirs d’un essor économique dans les collectivités avoisinantes ont fait place à des préoccupations relatives aux atteintes généralisées à la santé humaine et à l’environnement.
 
Des chercheurs de diverses disciplines (environnement, santé, sciences humaines) ont participé au projet et ont adopté une approche intégrée de l’écosanté; ils ont exploré les divers modes de propagation de la pollution, cerné les effets néfastes sur la santé au sein des collectivités et examiné la dynamique économique et politique qui, au sein des collectivités, entravait la recherche de solutions aux problèmes.
 
En retraçant le cheminement du métal des mines aux résidences, ils ont découvert que le principal vecteur était l’air et non les aliments ou l’eau. Les émissions des cheminées des mines constituaient une source évidente, mais on a aussi constaté que les camions circulant sur des routes recouvertes de déchets miniers pour empêcher la formation d’ornières dispersaient des particules de manganèse dans l’air.

Vers un avenir plus sain 

Aron Yazcilewich
À l’école de Nonoalco, dans la région de Molango, au Mexique, des intervenants en santé s’adressent aux parents, aux enseignants et aux enfants, et les invitent à participer à des ateliers sur la réduction de l’exposition au manganèse.
Aujourd’hui, la recherche entraîne des changements, même au sein de la société minière. Des représentants de la société participent à une table ronde sur la gestion de l’environnement, la MIGA (Mesa Intersectorial de Gestión Ambiental) du district minier de Molango, qui a aidé les intervenants à se concerter pour trouver des solutions pertinentes.
 
La société minière, les administrations locales et le gouvernement de l’État disposent maintenant d’une série de recommandations parmi lesquelles choisir pour réduire l’exposition environnementale au manganèse, notamment en réduisant les émissions de manganèse et en gérant les déchets. La mine a mis au point un nouveau plan de gestion du risque, a amélioré ses méthodes de production et a cessé d’utiliser les rejets miniers pour l’entretien des routes; et la qualité de l’air sera bientôt assujettie à des normes nationales plus strictes.
 
Les recherches qui ont reposé sur une démarche écosanté procureront des bienfaits à long terme aux collectivités de la région de Molango.
 
Pour de plus amples renseignements, consultez un extrait du Rapport annuel 2009-2010 du CRDI ou le résumé, en anglais, du rapport technique final. 
 
 
 
 
 
L'écosanté porte fruit - Pollution de l'environnement  Photo du haut : des chercheurs prélèvent des échantillons afin de déterminer les niveaux de manganèse dans l’air, dans la région de Molango, au Mexique. Photo : Aron Yazcilevich

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Résultats
Le CRDI octroie des fonds à des chercheurs de pays en développement afin de contribuer à l'édification de sociétés plus prospères et en meilleure santé.
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