Portrait d'un partenaire — la vision d'une nation branchée
À 80 ans, M.S. Swaminathan a toutes les raisons de prendre une retraite tranquille et de se reposer sur ses lauriers.
Proche conseiller de la première ministre Indira Gandhi dans les années 1960, le professeur Swaminathan a été l’un des principaux artisans de la révolution verte qui a considérablement augmenté les disponibilités alimentaires en Inde, haussant, par exemple, la production de blé alors de 12 millions de tonnes par année à 70 millions de tonnes aujourd’hui.
Au début des années 1990, il a instauré le concept de « biovillages », qui allie de nouvelles méthodes d’augmentation du revenu des pauvres en milieu rural, celui des femmes en particulier, à des idées neuves pour protéger l’environnement.
Mais aujourd’hui, le professeur Swaminathan tourné vers l’avenir et non sur ses réalisations passées. Il est le fer de lance d’une campagne connue sous le nom de Mission 2007 (visant à faire de chaque village un centre de savoir), qui veut apporter les avantages des technologies de l’information et de la communication (TIC) modernes aux 600 000 villages de son pays.
Étendre la portée des TIC à l’Inde tout entière permettrait de tirer parti des progrès accomplis dans la région rurale de Pondichéry. Là, grâce à un financement initial du
CRDI, la Fondation de recherche M.S. Swaminathan (
MSSRF) a donné accès à de l’information fondamentale sur l’économie et l’environnement à 12 000 personnes de sept villages.
Ce petit projet financé par le
CRDI a aidé à lancer le mouvement de masse grâce auquel les villages de l’Inde rurale connaîtront les bienfaits des TIC. Dans le budget qu’il a présenté en mars 2005, le gouvernement de l’Inde a affecté 28 millions
CAD à Mission 2007.
La
MSSRF a mis au point un modèle de connectivité « en étoile », selon lequel les données sur le Web sont téléchargées dans une collectivité branchée à Internet, puis retransmises par un réseau local voix/données aux centres de savoir communautaires de six villages avoisinants. Sur le terrain, l’information est diffusée de manière plus traditionnelle à l’aide de haut-parleurs et de journaux.
M.S. Swaminathan est convaincu que le projet de Pondichéry peut être reproduit dans l’ensemble du pays, l’idée ayant désormais l’appui du gouvernement, de l’industrie de la technologie de pointe et d’autres ntervenants. « Nous avons commencé par un petit projet qui est devenu un mouvement de masse, dit-il. Les organismes gouvernementaux, les grandes sociétés, de nombreuses organisations non gouvernementales et bon nombre d’établissements d’enseignement se sont rassemblés pour atteindre le même objectif : Mission 2007. »
Le but de cette collaboration est d’aider les gens des villages pauvres à améliorer leur sort. Le professeur Swaminathan explique que, dans bien des domaines, les connaissances ont été le lien manquant empêchant les villages pauvres de l’Inde de mettre leurs compétences, leurs ressources et leur détermination à profit pour améliorer leurs conditions de vie.
« Si je suis un bon cultivateur et que je produis des pommes de terre et des oignons en grande quantité, mais que je ne connais pas les prix, je me ferai exploiter sur les marchés, poursuit-il. Il est donc essentiel de donner aux gens les moyens d’acquérir des connaissances sur les marchés et sur la santé, au sujet de la pandémie de VIH/sida ou de la tuberculose. Aujourd’hui, les villageois sont mieux informés. »
Les centres de savoir des villages sont fondés sur le principe de « l’inclusion sociale », affirme M.S. Swaminathan.
« N’importe quel projet, s’il ne repose pas sur le principe de l’inclusion sociale, profitera aux uns et causera préjudice aux autres. Nous voulons concevoir un projet qui soit avantageux pour tous. »
Lien à explorer :
Fiche d’information — Réaction en chaîne
Un modeste projet financé par le
CRDI a contribué à lancer un mouvement de masse visant à faire profiter les villages de l’Inde des bienfaits des technologies de l’information et de la communication.